FERMETURE DES ÉGLISES DE RÉVEIL : LA RÉPUBLIQUE DOIT-ELLE SANCTIONNER DES INSTITUTIONS POUR LES ACTES PRÉSUMÉS DE CERTAINS INDIVIDUS ?

L’émotion suscitée par le meurtre tragique de la fillette de Nkolndongo est légitime. Ce crime doit être élucidé, ses auteurs jugés et condamnés conformément aux lois de la République.
Mais une question de principe demeure : la responsabilité pénale est-elle individuelle ou collective ?
Peut-on, au nom des dérives imputées à certains fidèles ou à certains responsables, laisser croire que toute une catégorie d’églises serait intrinsèquement dangereuse ? Si tel est le raisonnement, alors il faudrait appliquer le même principe à toutes les autres institutions de la République.
Des fidèles de confessions historiques ont déjà été impliqués dans des crimes. Des responsables politiques ont été poursuivis pour des faits de corruption. Des fonctionnaires ont été condamnés pour détournement de deniers publics. Des sportifs ont parfois été mêlés à des affaires criminelles.
A-t-on, pour autant, fermé leurs églises, dissous leurs administrations ou supprimé leurs fédérations ?
La République ne peut fonctionner avec une justice à géométrie variable.
Oui, l’État a le devoir de contrôler la légalité administrative des associations religieuses. Oui, il doit lutter contre les manipulations, les abus et les faux ministres du culte. Mais cette mission doit s’exercer avec impartialité, sans stigmatisation d’une seule famille religieuse.
Si des lieux de culte exercent sans autorisation, que la loi soit appliquée à tous, sans distinction. Si des responsables religieux commettent des infractions, qu’ils répondent personnellement de leurs actes devant les juridictions compétentes.
La liberté de culte est une liberté constitutionnelle. Elle ne saurait être affaiblie par des amalgames ou des généralisations qui risquent d’opposer les citoyens les uns aux autres.
Le Cameroun mérite une gouvernance fondée sur l’équité, la cohérence et l’égalité devant la loi.
Une République forte ne choisit pas ses cibles ; elle applique les mêmes règles à tous.
L’État de droit ne se mesure pas à la sévérité des annonces, mais à l’impartialité de leur application.
Tommy Mbega ✍
Directeur de Publication – La Lucarne
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